Intervention de Claude GOASGUEN en Conseil de Paris du 14 mai sur le projet de construction Gare d'Auteuil
Il faut accepter que, lors du Conseil d'arrondissement, l'ensemble des conseillers, l'ensemble des associations, l'ensemble des nombreux pariticipants à cette réunion concernant la Porte d'Auteuil ont manifesté une réprobation unanime à un projet qui est effectivement très contestable. Il l'est pour deux raisons.
D'abord, la multiplication des projets qui touchent la Porte d'Auteuil nécessite un véritable plan d'urbanisme. Ce n'est pas conforme à notre vision de l'urbanisme parisien que de multiplier des projets sans concertation, qui se chevauchent les uns les autres. Cela aboutit en général à un urbanisme médiocre mais surtout à inquiéter une population qui a vu se multiplier les projets : Varize, Porte d'Auteuil, stade Hébert, stade Jean Bouin, prolongation du tramway du pont du Garigliano jusqu'à la Porte d'Auteuil.
Tout cela, pris isolément et sans concertation globale, aboutit à inquiéter l'ensemble d'un quartier important de Paris. C'est le premier élément.
Le deuxième, c'est qu'il faudrait peut-être un jour que, à force de parler des espaces verts, on aboutisse quand même à cette réflexion sur les espaces verts qui permettent de les respecter, aussi bien du côté de Vincennes que du côté du bois de Boulogne.
On nous a appris récemment que le seul parking qui allait être construit dans le 16e arrondissement empiétait - d'ailleur d'une manière tout à fait illégale mais les tribunaux auront l'occasion de le dire - sur le bois de Boulogne. Les constructions qui avoisinent le bois de Boulogne pourraient mériter, comme au bois de Vincennes, un statut de constructibilité plus faible que l'ensemble des immeubles de la Capitale.
Car construire des immeubles de 10 étages en limite du bois de Boulogne correspond à une architecture qui a vu le jour dans les années 1930 et dont M.MANO se félicite, mais qui n'est pas particulièrement une réussite!
Nous considérons qu'à vouloir protéger l'environnement, il ne suffit pas de faire des discours mais encore faut-il les appliquer.
C'est la raison pour laquelle, conformément au souhait des associations, conformément au Conseil d'arrondissement et conformément aux difficultés qui seront prévisibles sur le plan juridique dans ce secteur de Paris, je vous demande de bien vouloir essayer de trouver un consensus sur le plan d'urbanisme et la limitation à 6 étages des immeubles qui pourraient être construits en bord du bois de Boulogne.
La partition qui a été faite entre les logements sociaux et les logements privés me convient tout à fait, comme à l'ensemble du Conseil d'arrondissement, sauf que nous n'acceptons pas que ce plan, d'une part, ne tienne pas compte de l'urbanisme général de la place et ,d'autre part, ne tienne pas compte de la hauteur qui est nécessaire par rapport à la bordure du bois de Boulogne.
Je regrette par ailleur, mais, d'une certaine manière, je m'en félicite, que M.MANO qit montré une telle hostilité à l'ensemble des partenaires qui se sont réunis lors de ce débat. J'espère que M.MANO aura le courage, devant les électeurs, dans quelques semaines, d'expliquer sa position. Je lui souhaite beaucoup de plaisir, mais je regrette qu'il soit si timide lorsqu'il s'agit du Conseil d'arrondissement du 16e arrondissement puisque je n'ai même pas entendu son opposition et qu'il profite d'être au Conseil de Paris pour l'expliquer.
j'espère que cela ne signifie pas qu'il y a un double langage et j'espère que M.MANO aura le courage d'assumer ses responsabilités devant les électeurs.
En ce qui me concerne, il est clair que nous n'accepterons pas, tant sur le plan politique que sur le plan juridique, la manière dont vous avez procédé pour réformer l'urbanisme de ce quartier du 16e arrondissement qui vaut les autres arrondissements, ni plus ni moins. Il n'y a pas plus d'esprit d'Auteuil qu'il y a d'esprit de la Chapelle.




